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Google quitte la Chine

Il n’y a plus de doute: Google cherche à se racheter une image en mettant ses menaces de quitter la Chine à exécution. Comme nous en avait averti hier David de Clair-Telecom, Google a désormais redirigé son adresse Google.cn vers Google.com.hk, la version hong-kongaise non-censurée de son moteur de recherche. Ses résultats de recherche sont donc désormais accessibles de manière complètement libre à des internautes chinois qui jusque-là n’avaient pas à accès aux recherches sur des termes polémiques tels que Tian An Men, Falun Gong ou Liu Xiaobo.

Mais le gouvernement chinois pourrait à tout moment rétablir l’ordre en décidant de bloquer l’accès au site hong-kongais de Google car même en dehors du territoire chinois, le moteur est censé appliquer la loi chinoise pour les habitants chinois.Ainsi lit-on sur le blog officiel de Google: « Nous espérons vivement que le gouvernement chinois respecte notre décision bien que nous soyons tout à fait conscients qu’il pourrait bloquer l’accès à nos services à tout moment. »

Google China Dashboard

Google a ainsi mis en place un tableau de bord pour assurer le suivi visuel de ses services en Chine et montrer en temps réel leur statut: libre d’accès, partiellement bloqué ou totalement bloqué. On peut donc dire que Google a fait ses devoirs et devrait certainement remonter dans l’estime de beaucoup d’internautes après les nombreuses polémiques soulevées ces derniers mois au sujet des risques d’atteinte à la vie privée des internautes.

Des recherches énergivores

Mais voilà, il y a un autre petit problème auquel est confronté Google et dont on commence tout juste à  parler: les serveurs de Google consomment une énergie considérable. Les chiffres ne sont pas précis car le cloud computing génère des configurations de serveurs diffuses qui ne facilitent pas la comptabilisation des consommations et des émissions de gaz à effet de serre liées à chaque recherche. Mais certaines études auraient établi que l’énergie consommée par une recherche sur Google correspondrait a priori à celle d’une ampoule allumée pendant une heure. Selon le Figaro, les data centers américains émettraient ainsi d’ici à 2 ans autant de CO2 que les avions aux États-Unis.

Google a donc commencé à trouver une parade à cette problématique en obtenant en février dernier les autorisations nécessaires pour devenir producteur et revendeur d’électricité aux Etats-Unis. Google affirme ainsi vouloir produire de l’électricité d’origine renouvelable (solaire, éolien, énergie marémotrice…) pour ses propres besoins dans un premier temps. Et pourquoi pas pour nous la revendre ensuite!

Dans cette optique, Google a lancé il y a quelques mois son service Google Powermeter qui vise à permettre aux internautes de suivre leur consommation d’électricité en temps réel et à distance. C’est ce qu’on appelle les « smart meters » ou encore  compteurs intelligents. Ces solutions logicielles ou matérielles permettent de pouvoir connaître sa consommation en temps réel, la réduire si besoin, comptabiliser l’électricité qu’un particulier produit à partir de panneaux solaires par exemple et surtout revendre son « surplus » d’électricité aux producteurs si besoin. Je reviendrai sur ce concept en détail dans un prochain billet qui touchera au terme plus général des smart grids. Eh oui, Quadruplay.fr = Net, Tech, Mobile, Smart (grids)! ;)

De la recherche écologique donc?

La concurrence sur le créneau de la recherche en ligne n’aura pas attendu Google pour lancer des services écolos! Ecosia, moteur allemand lancé en décembre 2009, se veut un moteur de recherche écologique qui permet de « protéger l’environnement clic après clic ». Leur concept est simple: à chaque recherche effectuée sur Ecosia, 2m² de forêt amazonienne sont « sauvés » grâce à un partage avec le WWF des revenus publicitaires générés par les liens contextuels.

Au rythme de 2% des recherches via Ecosia donnant lieu à un clic pour une valeur moyenne de 0,13€/clic dont 80% seraient reversés au WWF, ils estiment que chaque nouvel utilisateur d’Ecosia permet de sauver 2000 m² de forêt amazonienne chaque année dans le parc tropical de Juarana au Brésil. Je ne rentrerai pas dans le détail de l’importance de lutter contre la déforestation et de préserver la forêt amazonienne bien que cet argument seul me convainque déjà fortement de la démarche vertueuse d’Ecosia.

Ecosia alimente l’ensemble de ses serveurs avec de l’électricité produite à partir de sources d’origine renouvelable, qui ne rejette donc pas de grand méchant CO2. C’est sûr que comparé à Google et ses millions de serveurs répartis à travers le monde, Ecosia est un tout petit joueur. Mais c’est l’exemple qui compte.

J’ai donc installé l‘add-on Ecosia pour Firefox et je peux désormais faire mes recherches directement à partir de la barre de recherche intégrée à Firefox. En plus ça me donne des statistiques en temps réel sur la surface de forêt que je « sauve ».

Ecosia_-_save_the_rainforest

Statistiques dans la barre d'état de Firefox

Et la vie privée dans tout ça?

Le point d’orgue de cette éloge à Ecosia, au-delà de toute sensibilité écologique, environnementale ou humaniste, c’est qu’Ecosia, contrairement au géant Google, « efface toutes vos données personnelles au plus tard après 48 heures. » Si si, vous avez bien lu, 48 heures alors que Google est actuellement en train de tergiverser pour abaisser le délai de conservation de nos données personnelles de 9 mois à 6 mois!!!

Présentation d’Ecosia en vidéo


Enfin, Ecosia utilise Bing et Yahoo, les deux à la fois, pour fournir ses résultats. Les deux moteurs ont en effet joint leurs forces il y a un mois pour former la Search Alliance (contre Google). Et bien que , tout comme des millions d’internautes, je sois complètement addict à l’interface et aux services de Google, je ne suis pas du tout déçu par la qualité des résultats retournés. J’en suis même assez content et Quadruplay.fr y est très bien référencé. C’est quand même une sacrée preuve que c’est un bon moteur cet Ecosia! :D

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